Risque de change : bien le gérer pour protéger son entreprise

taux de change entreprise

Le développement à l’international d’une entreprise comporte plusieurs risques surtout lorsque celle-ci fait des affaires dans des devises étrangères. En effet, les variations du taux de change créent un risque encore appelé risque de change. Le risque de change peut revêtir différents aspects. Toutefois, grâce à un ensemble de techniques et d’instruments financiers, il est possible de se protéger face à la volatilité des marchés de change.

Pourquoi gérer le risque de change ?

Apprendre à gérer le risque de change est indispensable pour toute entreprise qui travaille à l’international. La gestion du risque de change a de nombreux avantages pour les sociétés, car cela leur permet de :

  • préserver la compétitivité de leurs produits
  • se décharger de l’obligation de vérifier en permanence le taux de change
  • déterminer plus facilement le prix des produits importés
  • d’anticiper les mouvements de trésorerie afin de limiter la volatilité de leur compte de résultat
  • en cas de fluctuation du cours de change, elles pourront atténuer les pertes financières liées à cette dernière.

Les différentes façons de gérer le risque de change

Il existe plusieurs manières de protéger son entreprise contre les risques de change. Il faut néanmoins préciser que la stratégie à adopter dépend de votre tolérance au risque et d’une analyse profonde de votre réalité d’affaires.

Pour gérer le risque de change, vous pouvez utiliser des instruments de couverture interne et externe. Plusieurs méthodes sont regroupées entre ces deux types d’instruments de couverture.

Les instruments de couverture interne

Les instruments de couverture interne regroupent les méthodes qui peuvent être définies et mises en place par les entreprises en interne afin de se protéger du risque de change.

Les swaps de devise

C’est une méthode qui permet à deux opérateurs (exportateur et importateur) de réaliser des échanges de capitaux et de taux d’intérêt dans deux devises différentes. Par ailleurs, ces derniers s’engagent contractuellement à réaliser de manière régulière les paiements qui correspondent aux intérêts de chaque partie.

Cependant, au terme de la période, les montants échangés sont rendus. Il faut préciser que la banque joue un rôle d’intermédiaire pour la réalisation des swaps de devise.

Le choix de la monnaie de facturation

Pour mettre en place cette méthode, l’entreprise doit déterminer la monnaie qui sera mentionnée dans le contrat de vente ou d’achat des produits à l’international. C’est dans cette dernière que l’opération sera facturée.

Le choix de la monnaie de facturation se fait entre la monnaie nationale et celle d’une devise étrangère. Le choix d’une monnaie plutôt qu’une autre est un bon moyen pour minimiser les risques. Toutefois, ce choix peut varier en fonction de la notoriété de l’entreprise, de son pouvoir de négociation ou de son influence.

Le termaillage

Le but de cette technique de couverture est d’influencer les encaissements et les décaissements des devises étrangères. Le termaillage se fait en fonction de l’évolution anticipée des cours sur le marché des changes en accélérant ou en ralentissant les encaissements et les décaissements. Mais cela doit se faire dans le respect des clauses du contrat.

Avec cette méthode de couverture, vous pourrez faire varier les dates ou les délais de paiement afin de profiter de l’évolution des cours à votre profit.

La couverture naturelle

La couverture naturelle est une autre manière de gérer le risque de change qui consiste à équilibrer l’ensemble des opérations d’achats et de ventes réalisées dans la même devise. Mais, c’est une stratégie qui peut être difficile à mettre en œuvre.

Les instruments de couverture externe

Il s’agit de méthodes élaborées et mises en place par des structures autres que l’entreprise pour la gestion du risque de change.

Le contrat à terme

Il s’agit d’un accord conclu entre deux parties pour l’achat ou la vente d’un actif à des conditions prédéfinies. Ainsi donc, l’acheteur ou le vendeur s’engage à acheter ou à vendre un actif à un prix fixé à l’avance. Toutefois, l’achat ou la vente se fait à une date ultérieure.

Autrement dit, cette méthode permet de figer le cours de change sur une période déterminée. Ainsi, l’entreprise pourra acheter ses devises à une date donnée avec un taux de change fixe, peu importe les variations du marché.

Les contrats à terme peuvent être conclus jusqu’à un an à l’avance. En plus de la simplicité, cette technique a l’avantage de permettre une couverture quasi totale du risque de change. De plus, il est possible d’acheter ou de revendre ces contrats avant qu’ils arrivent à terme.

taux de change

Les options de change

Les options de change ont un fonctionnement un peu similaire à celui des contrats de change. Leur but est également de supprimer ou de limiter au maximum les risques de change. Pour utiliser cette méthode, l’entreprise doit passer par l’intermédiaire de courtiers ou de banques pour souscrire à ces options.

C’est de cette façon que cette dernière peut s’ouvrir le droit d’acheter ou de vendre des devises à un taux de change fixe et à une date prédéterminée.

Se doter d’une politique de gestion du risque de change

Lorsqu’une entreprise évolue à l’international et commerce dans des devises étrangères, elle doit définir une politique sur la gestion du risque de change. C’est un processus qui vous amènera à analyser plus en profondeur et à planifier vos futures opérations.

La rédaction de cette politique de gestion sera également utile dans votre réflexion, car cela vous aidera à trouver en amont les solutions les plus adaptées. Par contre, pour qu’elle soit toujours efficace, il faudra la réviser régulièrement.

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