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L’individu est au fondement de nos sociétés démocratiques modernes. Garant de la protection de nos libertés individuelles, l’individualisme se traduit aussi, comme l’a souligné Tocqueville, par une atomisation du lien social et un repli sur soi des individus. Dans les grandes villes, on déplore ainsi, à l’heure actuelle, la solitude, la méfiance, le désengagement des habitants.

De manière tout à fait inattendue, la révolution numérique et notamment l’usage mobile du web semblent pourtant changer la donne. Une nouvelle culture, celle du share, serait en train d’advenir, conséquence imprévue de l’hégémonie des plateformes. L’avènement du web a d’abord rendu possible le partage de l’information, de la connaissance, de l’intelligence. Depuis, ce sont tous les domaines d’activités qui sont traversés et transformés par cette culture inédite du partage.

La vie en ville, elle aussi, se réinvente petit à petit à l’aune de ce nouveau paradigme. On y partage désormais les vélos, les véhicules, son logement, des biens de toutes sortes – ce qui donne lieu à de nouveaux modèles d’entreprise fondés sur la collaboration entre les usagers. BlaBlaCar, Drivy, AirBnB et Uber en sont les exemples les plus connus. Via les réseaux sociaux s’organise aussi la solidarité, qu’il s’agisse de réagir à des événements graves ou de lever des fonds pour soutenir une cause – mais aussi une vie sociale plus riche, puisque chacun est à tout moment relié à sa « communauté » en ligne et peut très facilement élargir son cercle d’amis et de connaissances. La participation citoyenne, enfin, connaît un nouvel essor en ville, chacun étant appelé à contribuer au débat public et à proposer des solutions pour améliorer la vie urbaine quotidienne.

Urbaccess a pour ambition de s’appuyer sur cette tendance de fond pour réfléchir et proposer de nouvelles façons de vivre ensemble dans la ville de demain. Comment inclure tous les habitants, quel que soit leur âge, handicap, classe socio-professionnelle ? Comment concevoir une ville vivante et inclusive placée sous le signe du partage ? Urbanistes, architectes, sociologues, industriels, fournisseurs de services, citoyens, artistes, intellectuels, élus, associations, c’est l’ensemble des acteurs qui est ainsi appelé à co-construire la ville pour tous de demain.