Consommer

Les villes sont des agrégations d’hommes et de femmes qui ont pour finalité de satisfaire leurs besoins, comme se nourrir, se vêtir, se soigner, s’éduquer, se distraire etc. L’acte de consommer, qu’il s’agisse de biens matériels et culturels ou de services, est donc central dans la dynamique des espaces urbains. Condition de la vigueur économique d’une ville et bien souvent de sa région, la façon de consommer détermine in fine la qualité de vie.

À l’heure où se pose avec acuité la question de la préservation de notre environnement, la question du consommer en ville fait débat. Notre modèle de civilisation consumériste, qui tend aujourd’hui à se diffuser un peu partout dans le monde, rencontre aujourd’hui ses limites : nous ne pourrons pas indéfiniment consommer toujours plus, au risque de mettre en question la survie des générations futures. De nouveaux modèles culturels invitant à la décroissance, à une existence plus frugale, plus sobre, nous sont aujourd’hui proposés – ils donnent d’ailleurs naissance à des usages et des services urbains innovants. Parallèlement, le paradigme de l’économie circulaire, qui prône la réutilisation des déchets ou des rejets de tous types, tend à s’imposer comme une solution d’avenir en ville.

Cette problématique est également à l’origine d’un phénomène nouveau, la réintroduction de l’agriculture au sein des espaces urbains. Celle-ci vise à limiter les émissions de gaz à effet de serre en favorisant une production locale, de saison, tout en rassurant les consommateurs sur ses origines. L’agriculture urbaine pourrait permettre, à terme, de remodeler le visage de nos villes, en introduisant des espaces de nature et des formes de biodiversité dans des espaces actuellement non exploités (friches industrielles, zones intermédiaires, toits etc).

L’autre grande tendance qui bouleverse les usages urbains en matière de consommation de biens et de services, c’est la révolution numérique. Les plateformes, en plaçant les usagers au centre de leur modèle économique, font naître de nouveaux usages – elles sont notamment à l’origine de l’uberisation, le fait que chacun, aujourd’hui, grâce aux plateformes, peut à la fois acheter et proposer des biens ou des services. Dans les villes, cela donne lieu aujourd’hui à un foisonnement d’expérimentations et de nouvelles pratiques qui contribuent également à les transformer.

L’acte de consommer est devenu en grande partie virtuel, mais l’aménagement des espaces commerciaux réels – rues, boutiques, centres – reste et restera un enjeu central pour les habitants de la ville de demain. Les lieux où l’on consomme sont des lieux de vie : magasins, cinémas, restaurants et cafés, librairies, salles de sport, etc. Il est important qu’ils soient accessibles à toutes les populations, notamment les personnes à mobilité réduite, et qu’ils bénéficient d’une signalétique adaptée. Il est également essentiel qu’ils soient conçus comme des espaces dédiés à la consommation, mais aussi au vivre-ensemble, au partage, à la rencontre.